Résumé
En 1984 le qualiticien japonais Noriaki Kano élabore une théorie qui fait aujourd’hui partie des outils courants de la Qualité : la méthode Kano permet d’évaluer la satisfaction des utilisateurs pour chaque fonction d’un produit, site web ou service.
En constatant que les clients ne perçoivent pas symétriquement la satisfaction et l’insatisfaction, Noriaki Kano tient la clé de sa théorie. Pour mettre en évidence une classification, il effectue un double questionnement contradictoire de chaque fonction (ou attribut de produit) à un client utilisateur :
Pour chaque couple de questions, l’utilisateur exprime sa satisfaction sur une échelle de 3 valeurs:
En explorant toutes les combinaisons, on déduit le tableau théorique qui révèle 6 regroupements.
On peut tout de suite isoler la catégorie appelée ici sceptique Questionnable, Skeptical
qui résulte d’une incohérence dans les réponses de l’utilisateur aux questions posées. Les causes peuvent varier : l’utilisateur n’a pas compris la question, la question est mal libellée, etc. ce qui lui fait répondre une chose et son contraire : l’utilisateur est perplexe.
Il reste finalement 5 catégories identifiées qui vont pouvoir être décrites et représentées graphiquement.
le modèle Kano rapproche la réponse aux besoins par nature de fonction (ou facteur) d’un produit ou service selon la classification suivante :
Must-Be Quality
: ce sont des exigences de base implicites, impératives bien que l’utilisateur ne les exprime pas nécessairement car parfois inconscientes. L’absence de réponse à ces exigences provoque une grande frustration qui incite l’utilisateur à abandonner, souvent au profit de la concurrence.
La présence de ces fonctions est considérée comme normale et n’améliore donc pas pour autant la satisfaction.
Exemples :
One-Dimensional Quality
: la satisfaction de l’utilisateur augmente ou diminue proportionnellement à la performance de la fonction. Exemples : le rendement d’un placement financier, le temps de réponse d’un site web.
Attractive Quality
: elles sont imprévues, correspondent souvent à une innovation séduisante pour l’utilisateur qui ne les attend pas. Leur présence provoque l’enthousiasme et conduit à une grande satisfaction.
Exemples :
Avec le temps, les fonctions attractives ou innovantes changent progressivement de catégorie pour devenir obligatoires : la banalisation est la rançon de la popularité.
Reverse Quality
: leur présence provoque une profonde insatisfaction. Leur absence peut conduire à la satisfaction notamment dans un contexte concurrentiel. Exemples sur un site web :
Indifferent Quality: elles correspondent à la zone carrée au centre du schéma. La perception de l’utilisateur est neutre, il ne ressent ni satisfaction ni insatisfaction. On peut dans ce cas douter de l’intérêt de la fonction.
Associée au questionnaire Kano soumis à un panel d’utilisateurs, la classification peut être utilisée pour
Et vous, quelles applications en feriez-vous ?
Journal of Academy of Business and Economics: Kano’s model for multiple product development [en]
Résumé
La loi de Fitts détermine la vitesse à laquelle des éléments sont cliqués à l’écran, en fonction de deux paramètres : la distance séparant la cible du point de départ et la taille de la cible elle-même.
Intuitivement, on pressent bien que “plus quelque chose est petit et situé loin de mon point de départ, plus il faudra du temps pour cliquer dessus".
La loi de Fitts permet de vérifier cette intuition et de quantifier: le temps qu’il faut à un dispositif de pointage (souris, trackball, écran tactile, joystick, etc.) pour atteindre une cible est proportionnel au logarithme de la distance à la cible divisée par la taille de la cible. En clair cela signifie que :
Finalement on peut formuler : le temps mis pour atteindre une cible est proportionnel à sa distance du point de départ et inversement proportionnel à la taille de la cible
.
Ressources
I. Scott MacKenzie a publié de nombreux travaux sur la loi de Fitts.
Les définitions usuelles de la Qualité récapitulées dans un précédent article sont issues des normes ISO. On pourrait reprocher aux termes choisis de rester finalement assez abstraits. La qualité d’un site web peut se définir avec précision en représentant dans un schéma l’interaction des forces en présence.
Pour un service web, la Qualité optimale - ou Qualité maîtrisée - se situe à la rencontre des attentes de l’utilisateur, des spécifications et de la réalisation, ni plus, ni moins

besoins exprimés ou implicitesdu client final utilisant le système ou le service, c’est à dire le visiteur du site, le consommateur, l’usager, l’utilisateur, le collaborateur dans le cas d’un intranet, etc. Le terme
utilisateurregroupe la population du site considéré, constituée de personnes dont les caractéristiques physiques, les habitudes, les aptitudes, les motivations, les réactions varient beaucoup.
Maître d’œuvreregroupe tous les acteurs qui concrétisent les spécifications : Webdesigners, Infographistes, Développeurs, Agence web, SSII, etc.
Les 3 ensembles se superposent, la zone d’intersection triangulaire située au centre donne naissance à la Qualité. Cette définition graphique a l’avantage de révéler en même temps le côté obscur de la Qualité.
Les 6 zones situées en dehors de l’intersection correspondent à différentes formes de non-Qualité :


Lorsque le besoin n’a pas été spécifié ni réalisé, le site ne répond pas aux attentes de l’utilisateur. La frustration de pas trouver ce qu’il cherche conduira invariablement l’usager à quitter le site pour tenter sa chance ailleurs.
Le marketing, le concepteur devrait exploiter ce gisement important de non Qualité pour servir les attentes du visiteur. Exemples qui peuvent conduire à cette insatisfaction du visiteur :

Ici on observe un double problème de communication : d’un côté le concepteur du site en a trop fait en exprimant dans ses spécifications des besoins qui n’en sont pas, et de l’autre la spécification n’a pas été développée. Exemples de causes :

Cette zone existe lorsque le maître d’œuvre produit quelque chose qui n’a été ni prévu ni souhaité. Exemples de causes :


Les attentes du visiteur ont bien été exprimées et spécifiées, mais elles n’ont pas été réalisées ou mal réalisées: ça ne fonctionne pas comme prévu. Exemples :

Souvent confondue à tort avec la Qualité plus, la surqualité est très fréquente dans les applications web, probablement plus encore que dans d’autres secteurs. Elle correspond à la réalisation d’une spécification dont le visiteur ou le client n’a pas besoin, exemples de causes :
