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CMMI Light - La performance tangible

Permalien 17.02.08, par Christophe Bigot Email ,
Catégories: Livres, Qualité

CMMI® light - La performance tangible est le titre du livre d’Emmanuele Delbaldo paru en janvier 2008 aux éditions AFNOR (ISBN : 978-2-12-475591-2)

Qu’est-ce que CMMI ?

Capability Maturity Model® Integration (CMMI) est une approche d’amélioration des processus et un modèle de référence à des bonnes pratiques en management et développement.
CMMI permet d’évaluer la performance et fournit des directives pour guider la Qualité des processus. Le modèle s’applique aussi bien aux projets isolés qu’à des organisations entières.

Le Software Engineering Institute (SEI) a conçu ce référentiel, financé par le département de défense américain (DoD). Le modèle CMMI est actualisé en 2006 avec la version 1.2, un pavé indigeste -mais détaillé- de 573 pages.

Contenu du livre CMMI® Light

Couverture du livre 'CMMI light - La performance tangible' de Emmanuele DelbaldoL’auteur Emmanuele Delbaldo résume CMMI en 248 pages, soit un tiers du volume initial (729 pages) décomposé en trois parties principales.
Le lecteur tenté d’aller directement au chapitre 3 consacré à la mise en œuvre efficiente du CMMI commet une erreur : les fondamentaux (par exemple les bénéfices de la méthode, page 9) sont expliqués dans les cinquante premières pages.

Les points négatifs

On découvre seulement à la cinquantième page que pour simplifier, ce livre ne traite que de la représentation du CMMI en pallier, car selon le SEI, c’est la plus utilisée (à plus de 80%), et esquive la représentation dite continue . Cette information mériterait de figurer dans le pitch de l’éditeur au dos du livre.

Quelques paragraphes décrivent d’autres méthodes comme ISO 9001, Lean, Six Sigma, etc. On reste sur sa faim: les deux premiers chapitres, intéressants, sont trop courts.
D’autres sujets comme le modèle de Kano manquent de consistance… Tout cela est probablement dû à l’exercice global de contraction du texte.

Quelques défauts rendent parfois la lecture confuse, comme ce jeu des erreurs entre la figure 2.6 et 2.7 page 43. Je n’ai pas trouvé de site web compagnon du livre, c’est dommage, on aurait pu y chercher des corrections.

Les points positifs

Comme les explications sont claires et le langage simple, le livre rend le sujet accessible.

Le style est direct, sans langue de bois notamment le chapitre 2 dénonce les dérives qui accompagnent l’application des méthodes en général. L’auteur donne des pistes pour surmonter les difficultés rencontrées.
Si vous ne devez lire qu’un chapitre, lisez celui-là. Il décrit les facteurs de succès d’application d’une démarche qualité, dont l’homme et la motivation.

Le début du livre évoque aussi les faiblesses de CMMI qui définit 5 niveaux (Initial, Géré, Défini, Géré quantitativement, Optimisé) pour lesquels E. Delbaldo compte le nombre de pages consacrées. Il compare les proportions : CMMI est le moins éloquent sur les deux derniers niveaux, où les progrès sont visibles.

L’auteur parle de son expérience, le vécu des projets revient régulièrement au fil des pages pour illustrer le propos, incitant le lecteur à réfléchir aux objectifs à atteindre plutôt que d’appliquer bêtement la méthode (chapitres 1 et 2).

A qui s’adresse CMMI Light ?

Ce livre vulgarise un sujet difficile d’accès, le résultat est plutôt réussi. Les cinquante premières pages sont intéressantes pour tous les managers, chefs de projets, consultants, etc. le chapitre 3 peut servir à la fois de guide de référence rapide pour mettre en pratique CMMI, mais aussi donner une vue concrète de la méthode à ceux qui ne la connaissent pas.

Commentaires:

Commentaire de: Emmanuele Delbaldo [Visiteur] Email
Bonjour,
Merci infiniment pour cette analyse du livre.
Quelques petites précisions :
- c'est la version 1.1 de 2002 qui faisait 729 pages (très indigestes). La version 1.2 de 2006 fait 573 pages.
- pour les parties jugées trop courtes, il est vrai que l'objet du livre devait rester centré sur le CMMI. Le lecteur intéressé saura trouver, je pense, des compléments sur la toile.
- la figure 2.7 est une erreur d'édition, il manque des métriques, comme sous les 2 rectangles de droite de la figure 2.8.

Enfin vous semblez me reprocher de dire trop tard que ce livre ne traite pas la représentation continue. Je n'ai pas jugé, peut-être à tort, de l'évoquer pour éviter de perdre le lecteur dans un système trop complexe, et qui je pense, n'apporte pas grand chose pour une première approche du modèle. Le lecteur intéressé pourra se reporter au site SEI pour plus d'informations.

L'important pour moi, était de faire passer le message que le CMMI, ainsi que les autres démarches d'amélioration de la performance des entreprises, sont excellentes lorsqu'elles sont correctement mises en œuvre. Il arrive que face aux difficultés, on ait parfois recours à la facilité pour les contourner au lieu de les surmonter. On arrive peut-être au même point, mais pas du tout avec le même résultat. L'entreprise peut certes afficher le diplôme obtenu, mais elle serait bien en peine d'exhiber toute amélioration de performance avec des preuves tangibles.

L'actualité financière aujourd'hui montre qu'on n'a pas beaucoup progressé depuis l'affaire ENRON. Il ne suffit pas de définir des procédures, ou de mettre en place des contrôles indépendants, encore faut-il qu'ils soient efficaces.
Ce livre a le mérite, je pense, de dire la vérité sur certaines méthodes dont on ne présente souvent que les qualités en occultant les difficultés et les écueils. Ainsi le chapitre 2 est une critique sur les dérives qu'ont engendrés l'ISO 9001, le CMM, et autres labels qualité. C'est une incitation du lecteur à réfléchir davantage à l'objectif de l'amélioration visée et à la manière d’y parvenir, plutôt que de suivre à la lettre la description des pratiques du CMMI.
Ce livre a aussi le mérite de démystifier le CMMI, et de montrer comment il est possible, et même recommandé de mettre en œuvre cette démarche de progrès de façon efficiente, c’est-à-dire de tirer tous les bénéfices du CMMI sans dépenses inutiles.
Cordialement
PermalienPermalien 26.02.08 @ 10:55
Commentaire de: Christophe Bigot [Membre] Email
Emmanuele, merci pour votre commentaire et le complément marketing ;-)

(...) La version 1.2 de 2006 fait 573 pages (...)


J'avais repris le texte de la première page de votre livre, c'est une erreur de transcription de mes notes de lecture -mea culpa- j'ai corrigé l'article.

(...) vous semblez me reprocher de dire trop tard que ce livre ne traite pas la représentation continue. Je n'ai pas jugé, peut-être à tort, de l'évoquer pour éviter de perdre le lecteur dans un système trop complexe (...)


Je me suis mal fait comprendre : cette information devrait être mentionnée au dos du livre pour éviter de décevoir le client pressé qui, si il ne lit que la couverture en librairie, croit acheter une synthèse de CMMI incluant la représentation continue.
Votre choix de concentrer le propos sur l'essentiel est clairement argumenté dans le livre et se justifie pleinement, ma critique ne porte pas sur cet aspect.
PermalienPermalien 26.02.08 @ 13:54

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