CMMI® light - La performance tangibleest le titre du livre d’Emmanuele Delbaldo paru en janvier 2008 aux éditions AFNOR (ISBN : 978-2-12-475591-2)
Capability Maturity Model® Integration (CMMI) est une approche d’amélioration des processus et un modèle de référence à des bonnes pratiques en management et développement.
CMMI permet d’évaluer la performance et fournit des directives pour guider la Qualité des processus. Le modèle s’applique aussi bien aux projets isolés qu’à des organisations entières.
Le Software Engineering Institute (SEI) a conçu ce référentiel, financé par le département de défense américain (DoD). Le modèle CMMI est actualisé en 2006 avec la version 1.2, un pavé indigeste -mais détaillé- de 573 pages.
CMMI® Light
L’auteur Emmanuele Delbaldo résume CMMI en 248 pages, soit un tiers du volume initial (729 pages) décomposé en trois parties principales.
Le lecteur tenté d’aller directement au chapitre 3 consacré à la mise en œuvre efficiente du CMMI commet une erreur : les fondamentaux (par exemple les bénéfices de la méthode, page 9) sont expliqués dans les cinquante premières pages.
On découvre seulement à la cinquantième page que pour simplifier, ce livre ne traite que de la représentation du CMMI en pallier, car selon le SEI, c’est la plus utilisée (à plus de 80%), et esquive la représentation dite continue
. Cette information mériterait de figurer dans le pitch de l’éditeur au dos du livre.
Quelques paragraphes décrivent d’autres méthodes comme ISO 9001, Lean, Six Sigma, etc. On reste sur sa faim: les deux premiers chapitres, intéressants, sont trop courts.
D’autres sujets comme le modèle de Kano manquent de consistance… Tout cela est probablement dû à l’exercice global de contraction du texte.
Quelques défauts rendent parfois la lecture confuse, comme ce jeu des erreurs entre la figure 2.6 et 2.7 page 43. Je n’ai pas trouvé de site web compagnon du livre, c’est dommage, on aurait pu y chercher des corrections.
Comme les explications sont claires et le langage simple, le livre rend le sujet accessible.
Le style est direct, sans langue de bois notamment le chapitre 2 dénonce les dérives qui accompagnent l’application des méthodes en général. L’auteur donne des pistes pour surmonter les difficultés rencontrées.
Si vous ne devez lire qu’un chapitre, lisez celui-là. Il décrit les facteurs de succès d’application d’une démarche qualité, dont l’homme et la motivation.
Le début du livre évoque aussi les faiblesses de CMMI qui définit 5 niveaux (Initial, Géré, Défini, Géré quantitativement, Optimisé) pour lesquels E. Delbaldo compte le nombre de pages consacrées. Il compare les proportions : CMMI est le moins éloquent sur les deux derniers niveaux, où les progrès sont visibles.
L’auteur parle de son expérience, le vécu des projets revient régulièrement au fil des pages pour illustrer le propos, incitant le lecteur à réfléchir aux objectifs à atteindre plutôt que d’appliquer bêtement la méthode (chapitres 1 et 2).
Ce livre vulgarise un sujet difficile d’accès, le résultat est plutôt réussi. Les cinquante premières pages sont intéressantes pour tous les managers, chefs de projets, consultants, etc. le chapitre 3 peut servir à la fois de guide de référence rapide pour mettre en pratique CMMI, mais aussi donner une vue concrète de la méthode à ceux qui ne la connaissent pas.
Ressources
Statistiques-bilan 2007 suite et fin : hier après-midi la FEVAD a communiqué son bilan annuel dans l’auditorium du MEDEF, à partir de documents déjà largement diffusés lors de la conférence de presse du 24 janvier 2008. Les chiffres annoncés confirment la tendance avancée par l’ACSEL de croissance à rythme soutenu. Une partie des données provient des mêmes sources (médiamétrie). Les documents de la Fevad sont néanmoins complémentaires et plus fournis.
La présentation se compose de 3 parties distinctes :
Comme toujours avec les statistiques, bien considérer la source des données : par exemple les volumes tirés du comptage de transactions par carte bancaire sont à priori plus fiables que les statistiques optimistes des internautes satisfaits de leurs achats de cadeaux de fin d’année portant sur un panel volontaire d’un millier de personnes, lesquelles ont répondu à un questionnaire en ligne auto-administré (DirectPanel).
D’autre part rappelez-vous que dans tous les relevés d’audience la notion de visiteur unique est une interprétation de bidouilles, différentes selon les sites, et la plupart du temps discutables. Et ça, on ne vous l’explique plus dans ces documents.
Ressources
En attendant une publication de documents à jour, voici les liens vers les fichiers PDF sensiblement identiques de la conférence de presse du 24 janvier 2008 :
Résumé
En cette période de voeux les bilans annuels fleurissent : pour les amateurs de chiffres, le nirvana statistique cru 2007 atteint son apogée. En attendant le 30 janvier que la Fédération du e-commerce et de Vente à Distance (FEVAD) communique les derniers résultats del’Observatoire Médiamétrie des Usages Internet et le 5ème baromètre Fevad / DirectPanel des achats de Noël 2007, Netcraft et l’association pour le commerce et les services en ligne (ACSEL) nous donnent déjà la tendance.
Seuil symbolique franchi début Décembre selon Netcraft, soit 50 millions de nouveaux sites en 2007. Il faut relativiser car moins de la moitié sont vraiment actifs; leur croissance reste cependant importante avec 38% de plus que l’année précédente. Les 3 plus gros fournisseurs de services de blogs se taillent la part du lion : 25 millions de sites répartis entre MySpace, Live Spaces et Blogger.
l’ACSEL a publié avant-hier son baromètre du e-commerce 2007, une agrégation de statistiques :
la croissance du e-commerce est près de 3 fois supérieure à la croissance de la population internaute.
Quand il s’agit de statistiques, il faut se méfier des dérives d’interprétation et garder en mémoire la source des données. Ici il y a un mélange de données générales et d’autres issues d’un panel qui représente à peine un quart du marché.
Ensuite, à la fin du document on lit accessibilité
et taux de réussite de transaction
: il est en fait question de disponibilité de service. Dans les études qui présentent des statistiques sur la disponibilité de serveurs, les chiffres moyens oscillent généralement entre 95% et 100%, ce qui ne signifie pas grand chose, finalement.
Il faut surtout retenir que c’est un indicateur de non-qualité dès que la valeur est en dessous de 100% : la disponibilité est une fonction obligatoire selon la classification de Kano.
Le taux de transaction réussies
ne tient pas compte des utilisateurs qui ont abandonné leur navigation avant d’acheter. Il s’agit une fois de plus de réussites techniques normales d’un point de vue utilisateur. Même pour 100 % de transactions réussies, combien de clients ont abandonné leur panier en cours de route pour des problèmes de qualité du site ? C’est aussi sur ce gisement de non-qualité qu’il faut s’interroger.
Enfin, le baromètre de l’ACSEL nous donne un indicateur global intéressant pour l’amélioration de la Qualité. A l’approche de Noël les sites changent de look et en font des tonnes : même s’il est inférieur à l’année dernière sur la même période, le poids des pages web augmente de 36,2% entre juillet et décembre pour atteindre 340 Ko en moyenne. En comparant cette information au poids raisonnable
de 100 Ko recommandé pour des utilisateurs connectés à haut débit [Prioritizing Web Usability, Nielsen/Loranger 2006 et Opquast, bonne pratique N°44], on mesure les progrès à faire d’ici à Noël 2008.
En cas d’engorgement du réseau, l’augmentation du poids des pages est un facteur de risque aggravant. Bien évidemment comme le souligne l’auteur, l’impact sur la performance dégrade le temps de transaction. Traduction : le site rame, risquant de ne pas voir aboutir le paiement en ligne. Plus grave, le temps d’attente affecte proportionnellement la satisfaction de l’utilisateur.
Bien que le poids des pages ne soit pas le seul facteur de rapidité d’un service web, il y contribue beaucoup. Particulièrement en période d’engorgement, les sites les plus compétitifs - et les plus attractifs pour un consommateur pressé - sont les plus légers.
Il reste à peine 11 mois pour vous préparer à la prochaine vague et optimiser vos pages…